Grenoble : incarcération d'un gérant d'une société de sécurité grenobloise


22 septembre 2022

Incarcération du gérant d’une société de sécurité grenobloise pour blanchiment d’argent.

Le 14 septembre 2022 , les enquêteurs de l’antenne grenobloise du groupe interministériel de recherches de Lyon (GIR) et du  service de police judiciaire de Grenoble (SPJ 38) ont procédé aux interpellations à leurs domiciles respectifs du gérant d’une société de sécurité ainsi que de son ex conjointe dans le cadre d’une enquête pour blanchiment et abus de biens sociaux.

Ces interpellations découlent d’une précédente enquête des policiers du commissariat de Grenoble ayant permis le démantèlement en 2021 d’un réseau de trafic de stupéfiants implanté dans le quartier de l’Alma.  Une partie des investigations avait alors permis de comprendre que cette société de sécurité employait « fictivement » deux des trafiquants mais leur versait des salaires bien réels, faits constitutifs de blanchiment d’argent. 

Des investigations spécifiques ont permis de mettre à jour des irrégularités

Le travail d’enquête a permis de découvrir qu’entre 2018 et 2021, cette société de sécurité avait crédité les comptes bancaires personnels du président de la société et de son épouse de près de 370 000 €, somme que les intéressés n’avaient pas déclarée à l’administration fiscale et qu’ils avaient en grande partie retirée en espèces.

De fausses factures au bénéfice de sociétés étrangères ont aussi permis à la société de sécurité d’évacuer près de 450 000 € en 2020 vers des comptes bancaires étrangers. Plusieurs dépenses disproportionnées et manifestement contraires à l’intérêt social de l’entreprise tel que l’achat d’un véhicule Porsche Cayenne d’une valeur supérieure à 100 000€  permettent de reprocher aux mis en cause des faits d’abus de bien social.

Des acquisitions immobilières ont aussi été effectuées à Grenoble et Echirolles par l’épouse du président alors que ses revenus officiels ne le lui permettaient pas. Les perquisitions réalisées ont permis de saisir plus de 76 000 € sur les comptes bancaires du président de la société mais aussi en espèces, des bijoux et de la maroquinerie de luxe, ainsi qu’un véhicule de luxe utilisé par celui-ci mais immatriculé au nom d’un tiers.

Le gérant a fini par avouer une partie des faits

Durant sa garde à vue, le mis en cause âgé de 43 ans avait fini par expliquer le système de travail dissimulé qu’il avait mis en place au sein de sa société et qui lui avait permis de dégager près de 700 000 € en trois ans dans le but, selon lui, de rembourser ses dettes de jeux.

Il a également détaillé le véritable système de compensation financière qu’il avait mis au point pour rembourser ses créanciers en mettant à leur disposition des véhicules de luxe étrangers, payés par sa société et immatriculés aux noms de tiers afin de préserver l’anonymat de ces créanciers.

Cet authentique système de compensation effectué au préjudice de sa société, caractérise l’abus de bien Social, qui a généré un préjudice fiscal et social évalué à ce stade à environ 600 000 €.

Le gérant a fini derrière les barreaux

L’homme a été mis en examen au terme de sa garde à vue le vendredi 16 septembre 2022, pour blanchiment, blanchiment de trafic de stupéfiants et abus de bien social. Il a été écroué dans la foulée.

Son épouse, âgée de 42 ans, a elle aussi été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire.

L'enquête se poursuit.

Par Tina Sanchez