Viols commis sur 89 mineurs : un appel à témoins lancé par le procureur de la République de Grenoble

Un appel à témoins est lancé afin de retrouver d’éventuelles autres victimes dans cette affaire hors-norme.

Combien a-t-il fait de victimes au total ?

Jacques Leveugle, 79 ans, est suspecté d’avoir commis des dizaines de viols et d’agressions sexuelles sur de nombreux adolescents âgés de 13 à 17 ans, entre 1967 et 2022, à travers le monde. Une conférence de presse s'est tenue ce mardi 10 février au tribunal judiciaire de Grenoble, en présence d'Etienne Manteaux, procureur de la république de Grenoble et du colonel Serge Procédès, commandant de la section de recherches de Grenoble.

L’affaire éclate en 2023

C’est en octobre 2023, à Vizille, que l’affaire éclate grâce au neveu du mis en cause. Alors qu’il se questionne sur la vie affective et sexuelle de son oncle, il fouille dans ses affaires. A cette époque, Jacques Leveugle vit chez son frère à Vizille.

Il découvre alors plusieurs clés USB contenant des écrits. Au total, 15 tomes très denses de récits dans lesquels Jacques Leveugle décrit ses relations sexuelles avec des garçons mineurs.

Ces éléments seront remis à la brigade de Vizille. Le suspect est mis en examen en février 2024.

Sous emprise psychologique

Le procureur de la République de Grenoble décrit un homme « cultivé et charismatique ». Il prenait ces jeunes « sous son aile » et se voyait « comme un Grec antique formant de jeunes éphèbes ».

« Il n’y a jamais eu de violences commises. On est vraiment sur des contraintes morales », a précisé le colonel Serge Procédès, commandant de la section de recherches de Grenoble.

Un numéro vert mis en place

Le procureur a lancé un appel à témoins « pour permettre à d’éventuelles autres victimes de pouvoir se manifester ».

Un numéro vert — 0 800 20 01 42 — a été mis en place.

À ce jour, 89 victimes ont été recensées, dont les deux tiers en France. Parmi elles, une quarantaine a pu être identifiée. L’enquête se poursuit.

 

Un double meurtre reconnu en garde à vue

Dans ses mémoires, Jacques Leveugle affirme également avoir tué sa mère dans les années 1970, alors qu’elle était atteinte d’un cancer en phase terminale, ainsi que sa tante dans les années 1990.

Des faits qu’il a reconnus en garde à vue.

Il est actuellement incarcéré en Isère, dans l’attente de son procès.

Caroline Fréchet