Covid-19 : une soignante iséroise en renfort sanitaire en Guadeloupe

C’est une expérience qu’elle n’oubliera pas.

Isabelle Duranton, cadre de santé en médecine polyvalente à l’hôpital de Bourgoin-Jallieu, s’est envolée le 13 septembre dernier pour la Guadeloupe, non pas pour des vacances, mais pour aider les hôpitaux de l’île.

Cette cadre, qui parle de son métier avec une grande passion, a participé à une mission de renfort sanitaire. « En réunion de crise, à mon retour de congés, Mme Bernard, notre directrice, nous a demandé si certains voulaient participer aux renforts sanitaires. Ça m’a immédiatement alerté. J’avais fortement envie d’y aller. J’ai les compétences pour. J’ai travaillé 12 ans en tant qu’infirmière aux urgences, puis trois ans en tant que cadre de santé en réanimation et cela fait une dizaine de mois que je suis cadre dans le service de médecine polyvalente, qui accueille les patients touchés par le Covid-19 », explique la cadre.

Pour autant, malgré l’envie, elle n’a pas pris cette décision seule : « J’ai demandé à mon mari et mes trois enfants si je pouvais partir pendant 15 jours. Tout de suite, une explosion de joie, car ils étaient très fiers. Explosion de larmes pour mon fils, qui est très attaché à sa maman, mais qui m’a finalement dit que je pouvais y aller », confie la mère de famille.

Après toutes les démarches administratives, notamment pour gérer son remplacement à Bourgoin-Jallieu, Isabelle Duranton a attendu sa lettre de mission. Elle est arrivée la veille de son départ, le 12 septembre.

Ses missions ont rapidement changé

Une fois arrivées en Guadeloupe, les équipes ont eu « un premier briefing ». « Là-bas, très peu de personnes sont vaccinées. La vaccination est tabou. On a donc eu un point de vigilance et de bienveillance sur ce sujet », ajoute Isabelle Duranton.

La cadre était partie, au départ, pour être coordinatrice sur place. Finalement, « il manquait une infirmière en réanimation, donc je me suis portée volontaire ».

Basée à Basse-Terre, la Berjallienne a donc aidé des équipes, débordées par une situation sanitaire très critique sur l’île :

Une vraie expérience humaine

Quinze jours intenses, mais quinze jours qui ont été très riches pour la soignante. Si côté matériel ils étaient bien équipés, l’organisation, elle, était beaucoup moins huilée : « C’est quelque chose à vivre. Chacun arrive avec son expérience, sa manière de travailler, mais d’un seul coup, tout se met en place, tout le monde travaille ensemble. Il faut savoir s’adapter, anticiper, mais une fois qu’on a compris qu’il n’y avait pas d’organisation, ça fonctionne tout seul. Personne ne se connaît, mais il y a une véritable entraide, une cohésion qui est extraordinaire. Il y a un facteur humain qui ressort ».

Désormais de retour dans son service à Bourgoin-Jallieu, l’Iséroise se dit prête à retourner en Guadeloupe, « mais pas tout de suite, pour des raisons professionnelles et personnelles ».

Par Baptiste Berthelin